janvier 2007
Monthly Archive
SAVEURS ASSASSINES
par Kalpana Swaminathan,
traduit de l’anglais par Ediths Ochs
Entre la miss Marple d’Agatha Christie et la Mma Ramotswe d’Alexander McCall Smith, Kalpana Swaminathan nous propose de découvrir la charmante miss Lalli, retraitée sexagénaire du service des homicides de la police de Bombay, dans cette première enquête sur fond de gastronomie indienne.
Tout est réuni pour passer un magnifique week-end gastronomique dans une luxueuse villa de la communauté parsi à Bombay. Quelques jet-setters en vue s’y sont retrouvés : un écrivain de best-sellers, un danseur, un mannequin, une féministe convaincue, un industriel amateur de chevaux, un médecin très médiatique, et la nièce de Lalli.
Un des convives étant retrouvé à l’état de cadavre, la très respectable miss Lalli débarque dans la villa. C’est le début d’un véritable Cluedo gastronomique, et Lalli ne tarde pas à découvrir que les invités, sous des dehors très convenables, ont tous de sordides secrets à dissimuler.
Cette enquête policière passionnante qui dévoile les multiples visages de la société indienne est également l’occasion d’un appétissant voyage au pays des saveurs et de la cuisine de l’Inde. Elle nous propose surtout de faire connaissance avec cette fameuse miss Lalli, aussi distraite dans la vie que précise dans ses enquêtes.
Kalpana Swaminathan est médecin. Elle vit à Bombay.
Saveurs assassines est son premier roman publié en France.
Collection « Ailleurs / Domaine Indien »
140 pages (15,4 x 24) 15 €
En librairie le 8 mars 2007
En radio FM ou en podcast, via radiobfm.com, cette chronique porte sur “Gandhi”, une biographie par Christine Jordis, paru chez Folio, Gallimard.
Vie du Mahatma Gandhi (1869-1948), de son enfance choyée dans une caste de commerçants, à la découverte de Londres à la fin du XIXe siècle, ses premières grandes batailles menées en Afrique du Sud contre le racisme et pour la défense des droits des minorités indiennes, jusqu’au retour en Inde et sa lutte pacifique pour l’indépendance.
UNE VIE MOINS ORDINAIRE
Une autobiographie
par Baby HALDER
traduit de l’anglais (Inde) par Nathalie Bourgeau
240 pages – 18.50 €
La voix de Baby Halder est de celles qu’habituellement l’on n’entend pas. C’est son histoire qu’elle écrit, et le fait même de la mettre en mots est un triomphe sur la pauvreté, la violence et les souffrances qu’elle a subies. Née en Inde dans un village du Jammu, abandonnée par sa mère quand elle était petite, mariée à douze ans à un homme qui avait près du double de son âge, mère de famille à quatorze ans, elle s’enfuit à Delhi avec ses deux enfants pour échapper à la violence de son mari. Devenue domestique chez de riches citadins, son destin bascule lorsqu’elle travaille chez un professeur à la retraite, le petit-fils de Premchand, auteur renommé de langue hindi et urdu. C’est lui qui va l’encourager à lire, puis à écrire sa vie. Aujourd’hui, son livre est un best-seller en Inde, et elle en prépare un second.
« Je ne comprends pas pourquoi le récit de ma vie fait tellement sensation, dit Baby Halder. Elle est si ordinaire. » Et c’est vrai : l’histoire que raconte Baby Halder est celle de milliers de jeunes femmes en Inde. Ce qui la rend moins ordinaire, c’est la lutte obstinée qu’elle a menée contre la condition qui lui était imposée. Son livre est une leçon de courage et de survie, et sa voix mérite d’être entendue.
En librairie le 20 février 2007
En radio FM ou en podcast, via radiobfm.com, cette chronique porte sur “Gora”, un roman de Rabindranath Tagore, traduit de la version anglaise par Marguerite Glotz, mais entièrement revu du bengali, du bangla par Pierre Fallon, publié dans la collection “Motifs”, au Serpent à Plumes.
Début du XXe siècle au Bengale. Fervent de la stricte orthodoxie hindouiste, Gora évoluera dans ses convictions grâce à sa rencontre avec le sage Paresh Babou, l’amour de sa fille Sucharita et un pèlerinage dans les campagnes indiennes… Un roman qui décrit les réactions de l’Inde face à l’Empire britannique et au monde occidental.
P L A N E T E I N D E
Un nouvel espace éditorial chez Albin Michel
Pour déchiffrer notre avenir dans un monde globalisé, il nous faut comprendre le plus immense laboratoire humain du XXIe siècle : l’INDE
Les meilleurs spécialistes explorent le sous-continent indien, son histoire et son extraordinaire évolution, ses arts et sa culture, ses idées et ses religions, ses influences et ses relations à l’Occident…
L’un des faits majeurs de ce début du XXI° siècle est l’ascension fulgurante de l’Inde comme acteur majeur de notre monde « globalisé ». Déchiffrer notre avenir, c’est donc essayer de comprendre l’Inde.
Défi stimulant, car l’Inde nous apparaît de prime abord sous le signe de paradoxes déconcertants :
- Cette galaxie d’un milliard deux cent millions d’êtres humains est une démocratie moderne et elle reste pourtant attachée à son système de castes.
- Elle compte les plus riches fortunes et 350 millions de pauvres.
- La condition des femmes y est souvent scandaleuse, mais certaines deviennent chefs d’Etat.
- Elle peine à réduire l’analphabétisme et elle « vole » des emplois qualifiés à l’Europe et aux Etats-Unis.
- Elle est une puissance nucléaire et demeure l’héritière vivante des grandes voies de sagesse de l’humanité.
- Elle est un microcosme de toutes les religions, cultive une image de tolérance, et est régulièrement déchirée par des massacres interreligieux.
L’Inde, au-delà de ses immenses difficultés sociales, politiques et économiques, invente des solutions originales dans la confrontation entre modernité et traditions. L’Inde est un véritable laboratoire du monde à venir.
C’est à éclairer ces complexités déroutantes que s’attelle « Planète Inde ».
A l’opposé de l’idéologie du choc des cultures, « Planète Inde » pourrait se sous-titrer « L’Inde et nous ». Car l’Inde, pour l’Occident, c’est cet « autre » qui fascine et déroute depuis le temps des Grecs, cet « autre » dont la rencontre ne laisse jamais indemne ou indifférent.
L’esprit de « Planète Inde », c’est celui des sciences humaines : laïque, analytique, pluridisciplinaire. Mais on ne peut parler de l’Inde sans explorer la dimension religieuse de son histoire et de ses sociétés : il y sera donc aussi souvent question de spiritualités. Le ton est ouvert et accessible, ce qui ne l’empêche pas de rester très argumenté. Les meilleurs spécialistes francophones y écrivent. L’ambition est de faire référence, à la fois par la qualité des auteurs et par la variété des sujets traités, qui aborderont l’Inde contemporaine dans tous ses états.
La directrice de collection en est Ysé Tardan Masquelier. Docteur habilitée en sciences des religions, chargée de cours à la Sorbonne, à l’Institut Catholique de Paris et aux Langues O, elle est directrice de l’Ecole Française de Yoga et vice-présidente de la Fédération Nationale des Enseignants de Yoga (FNEY). Auteur de Jung et la question du sacré (Albin Michel, 1995), L’Hindouisme, des origines védiques aux courants contemporains (Bayard, 1999), La Sagesse (DDB, 2001), L’Esprit du Yoga (Albin Michel, 2005). Co-directrice de l’Encyclopédie des Religions (Bayard, 1997) et du Livre des Sagesses (Bayard, 2002)
Deux nouvelles sections voient le jour sur le site. Des communiqués par les éditeurs annoncent des parutions, des nouveautés. Des conversations avec des acteurs de l’édition, ou autres fervents du verbe et de l’image, donnent des perspectives sur les littératures de l’Inde. Restez connectés …
Voici une liste des langues “officielles” en Inde:
- Assamese
- Bengali
- Bodo
- Dogri
- Gujarati
- Hindi
- Kannada
- Kashmiri
- Konkani
- Maithili
- Malayalam
- Manipuri
- Marathi
- Nepali
- Oriya
- Punjabi
- Sanskrit
- Santhali
- Sindhi
- Tamil
- Telugu
- Urdu
Et l’anglais serait donc l’informel officiel … pour certains seulement; ne l’oublions pas.
En radio FM ou en podcast, via radiobfm.com, cette chronique porte sur “Le jardin des délices terrestres”, un roman de Indrajit Hazra, traduit de l’anglais par Marc Amfreville et publié aux éditions du Cherche-Midi.
Calcutta. Hiren Bose est un pyromane. Après avoir incendié sa maison, il part au foyer, un lieu où l’on passe l’essentiel de son temps à manger et à paresser sous l’oeil du gourou Ghanada. Prague. Manik Basu est écrivain. Lassé d’attendre son nouveau roman, son éditeur engage des hommes de main pour le contraindre à écrire. Les destins d’Hiren et Manik vont finir par converger de façon inattendue.
Une soirée Rabindranath Tagore a lieu le 21 janvier 2007, à Bruxelles, au Palais des Beaux-Arts.
Les chants et les textes de ce poète, écrivain, dramaturge et musicien, seront interprétés par Sharmila Roy, née à Calcutta et élevée à Santiniketan, lieu d’éducation créé par Tagore. Célèbre pour la musique du film Mahabharata de Peter Brook, elle se produit aujourd’hui en concert dans la plupart des pays européens ainsi qu’aux Etats-Unis, au Japon, au Bangladesh et en Israël.
Rabindranath Tagore (1861-1941) a laissé son empreinte indélébile dans le lent cheminement de l’Inde vers son indépendance. Poète, dramaturge et écrivain, mais aussi musicien - deux de ses chants devinrent plus tard les hymnes nationaux de l’Inde et du Bengladesh - et artiste plasticien : il se tourne, à l’âge de 67 ans, vers le dessin et la peinture et y acquiert rapidement une maîtrise reconnue dans le monde entier, grâce à des expositions internationales. Son oeuvre littéraire vaut à l’Asie le premier prix Nobel de littérature en 1913, et son rôle de philosophe et d’éducateur est fondamental pour une prise de conscience des Indiens. Tagore aspire à l’universalisme, à la réconciliation, à un monde qui vivrait en harmonie. Il restera une référence morale pour tous les hommes politiques engagés dans la libération du pays. La fécondation d’une civilisation plurimillénaire par l’esprit des lumières, grâce à Tagore, est pour beaucoup dans l’aventure de l’indépendance de l’Inde.
La soirée Musique et poésie cheminera sur les traces de Rabindranath Tagore. Les chants de Tagore qui seront interprétées par Sharmila Roy, sont composés directement avec une mélodie par le poète pendant l’écriture ou juste après, puisqu’il a été un chanteur-compositeur avec des notions très approfondies des « ragas », structures modales, maîtrisant parfaitement également les « talas », les structures rythmiques traditionnelles. Tagore a même inventé des cycles de rythmes nouveaux pour accompagner les « climats » poétiques proposés d’une façon plus appropriée. Pendant la soirée, Sharmila Roy récitera elle-même quelques poèmes en bengali qui sont proches des thèmes évoqués par les chants. Sharmila Roy sera accompagnée par des musiciens exceptionnels venus spécialement pour nous de leur pays natal : Sewli Basu à l’esraj, Rajnarayan Battacharya, tabla et khol.
Plus d’information sur www.bozar.be
Un ouvrage ressource, qui complète les extraits dans la revue Europe mentionnée en infra, a été publié en 2002, dans le cadre des Belles Etrangères, aux éditions Philippe Picquier.
Ce collectif permet à vingt écrivains, dont les textes ont été traduits en français, de témoigner de la richesse, de la diversité et de la créativité des littératures indiennes d’aujourd’hui. Certains ont déjà conquis la notoriété, d’autres - peut-être parce qu’ils écrivent dans leur langue d’origine - demeurent encore inconnus des lecteurs français, mais chacun parle d’une voix singulière, dans une impressionnante renaissance intellectuelle, que ce soit en Inde ou dans le monde.
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